May 29, 2017

« Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps »
Victor Hugo

Le pouvoir de l’image

Notre société accorde une place prépondérante à l’image et nous renvoie constamment des « standards » esthétiques : la minceur, le visage sans défaut, la musculature parfaite, la coiffure « tendance », la marque qui permettrait de se démarquer du « lot » ou, a contrario de se faire remarquer etc.
D’un côté, l’image rassure : car elle renvoie à une dimension matérielle, physique, apparemment objective. Pour preuve, chez les Romains déjà, le terme imago (dont est issu le mot image) désignait un masque en cire, dressé à l’effigie d’un défunt. L’image (travaillée !) d’une personne qui n’existe plus…
De l’autre côté, l’image évoque l’instantanéité ou l’incomplétude : elle ne renvoie ni au passé, ni au futur, pas plus qu’à l’intériorité de la personne.

Un équilibre instable ou illusoire

De l’avis de spécialistes, cette inflation d’images est dangereuse pour l’estime de soi. Le Dr Thierry Janssen parle de « divorce entre le corps et l’esprit ». En effet, l’on prétend volontiers qu’il faudrait vivre libre et épanoui, et pourtant l’on se retrouve, plus ou moins consciemment, sous le joug de conformismes sociaux, rarement atteints dans l’histoire moderne (les poids de l’image, de l’apparence, de la réussite…). Autant dire, que cela relève d’une quête sans fin ou alors d’une démarche très coûteuse sur le plan matériel (ceci est un moindre mal !), mais surtout émotionnel (« jamais assez bien », mésestime de soi, comparaisons incessantes, jalousies…).

Recherche d’une satisfaction réelle et profonde ou comblement d’un manque ?

Le comblement d’un manque relève d’une réponse extérieure à soi, souvent immédiate, efficace à court terme, inefficace à long terme et non dénuée d’effets secondaires.
En revanche, la recherche d’une satisfaction réelle relève d’une démarche intérieure, pas forcément immédiate, efficace à court, moyen et long terme, sans effets secondaires.

« Le bien final et la tâche suprême d’une personne avisée est de résister à la seule apparence » – Cicéron

La sophrologie est idéale pour repartir à la conquête de son corps et de son esprit.

Rappelons-le peut-être : l’un des éléments fondamentaux de la discipline réside dans, ce que l’on appelle, le schéma corporel ; autrement dit, la représentation interne qu’une personne se fait de son propre corps. Cette représentation inclut nécessairement une dimension physiologique, émotionnelle ou affective, mais aussi sociale (préjugés, éducation, mode…). Mais encore faut-il en être conscient !
Les séances de sophrologie appliquées au travail sur l’image de soi permettent justement de ressentir son corps ici et maintenant (tout en intégrant le passé et le futur), d’accepter son image corporelle, de rencontrer le corps et l’esprit et de concevoir son corps comme une entité harmonieuse.
En résumé, il s’agit de partir à la rencontre d’une conscience globale : physique, affective et mentale (ou spirituelle).
Au fil des séances, les patients passent ainsi de l’extériorité à l’intériorité et s’aperçoivent qu’ils ont souvent une dimension physique hypertrophiée, alors que les dimensions affectives ou mentales ont été négligées, en raison de pressions sociales, d’une forme de pudeur, d’ignorance de soi… Cette démarche permet de vivre en soi et avec soi, avant même de trouver des « solutions » externes. L’image se construit avant tout de l’intérieur : la sophrologie peut donc être un formidable outil, dans le cadre d’une démarche de conseil en image ou de relooking par exemple.
La remarque d’une patiente illustre admirablement l’objectif des séances qu’elle a effectuées : « finalement, là je change, alors qu’avant je comblais… un peu comme les rides que je cherchais à combler inlassablement, avec des produits non dénués d’effets néfastes sur moi et même sur l’environnement, inconsciente que j’étais ! Je me comparais, je m’observais dans le miroir, alors qu’il suffisait de m’observer en moi, j’étais une éternelle insatisfaite alors que tout cela n’était qu’illusion (…) Maintenant, tout en moi a retrouvé de son élasticité » !

La mise en œuvre de ces séances spécifiques repose largement sur la relation entre le sophrologue et le patient et sur la périodicité des échanges ; les techniques de relaxation, conjuguées à certaines techniques statiques (projection, visualisation, renforcement positif…) parachèvent la démarche de redécouverte, d’acceptation et d’harmonisation de son image.

Auteur : Jean-Michel SCHLUPP, Sophrologue.

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