May 29, 2017

Témoignage de Véronique Planchard, sophrologue entrepreneuse installée à Bordeaux.

Quel fut votre parcours professionnel avant de devenir Sophrologue ?

La construction d’un individu passant par diverses étapes, il me semble important de préciser ceci : D’abord une adolescence en Afrique de l’Ouest, puis la découverte du monde et ses populations, un parcours de vie sans nul doute, atypique, et une profonde sensibilité ont fait naître en moi, et ce très tôt, un intérêt certain pour « l’autre ».
De retour en France, j’obtiens un diplôme qui m’ouvre les portes du tourisme, plus tard afin d’étoffer, j’opte pour des formations cadres et accompagnement de cadres. Après quelques expériences dans différents  domaines je deviens gérante d’hôtels pour un groupe international.
Puis avec indépendance, au rythme de mes rencontres j’ai évolué dans mon pays et ailleurs. Les voyages restent à mon sens le plus sûr moyen de découvrir la richesse humaine. Il ne s’agit pas forcément d’aller loin, juste d’être curieux. J’ai fait preuve d’une grande curiosité (sourires). Lorsque je suis arrivée à Bordeaux en 2001, j’ai senti le besoin de me poser, et comme j’aime à le dire « Bordeaux est la seule ville qui ait su me retenir ! ». C’est pourquoi à cette période de ma vie j’accepte un poste stable, Gouvernante pour une résidence Hôtelière de Luxe.
Et enfin en 2011, le moment était venu de devenir ce que je suis et créer une entreprise qui me corresponde vraiment.

A quelle occasion de votre vie avez-vous découvert la sophrologie ?

J’ai eu la chance (la joie est en tout il suffit de savoir l’extraire : déformation professionnelle…!), si je puis dire, de rencontrer quelques problèmes de santé qui m’ont forcé à cesser mon activité. Je passais alors de longues journées alitée. C’est à ce moment que j’ai approfondi la sophrologie. J’ai mis à profit ces séances qui m’ont aidé à réfléchir sur le sens que j’allais donner à la suite de mon existence. Ce tour d’horizon m’a amené à me poser les bonnes questions sur mon devenir professionnel. Constat sans appel, la vie menée jusqu’alors qui m’avait remplie de satisfactions aussi ne correspondait plus ni à mon rythme, ni à mes aspirations.

Comment vous êtes-vous formée à la sophrologie ?

Je me suis formée à l’Institut de Sophrologie Existentielle Bordeaux-Aquitaine (ISEBA), agrée par l’E.A.P (Association Européenne de Psychothérapie), et l’Ecole de Psychothérapie en Sophrologie Existentielle (formation Caycédienne).
Pendant ma formation, je crois pouvoir dire que j’ai été une élève particulièrement assidue ! Ayant eu la chance d’habiter la ville de mon école, j’assistais, vivais, toutes les séances possibles données par les professeurs ; j’ai pris en note tous les enseignements théoriques, j’ai beaucoup écouté les témoignages des autres participants et observé l’évolution de chacun.
J’ai rédigé mon mémoire et comme pour toute autre profession ou activité, c’est par l’entraînement et le travail que naissent les résultats. Des supervisions se tiennent également régulièrement à ISEBA.
De manière générale, je me forme en continu par les expériences de vie, les lectures, les conférences et tout ce qui a trait au sujet.
Je suis également membre de la Société Française de Sophrologie (SFS).

Avez-vous une spécialisation ?

La formation reçue et la qualité de présence me permettent d’accueillir tous types de public. Je respecte le code de déontologie, le protocole et j’accueille.

Vous intervenez en entreprise. Quels sont les situations auxquelles vous devez faire face ?

L’environnement concurrentiel modifie (et c’est peu dire!) les organisations de travail.
Ces conditions de la vie moderne au travail sont une source importante de tensions diverses et génèrent aujourd’hui des stress multiples et insidieux qui fragilisent les individus. Le stress ponctuel peut être positif parce qu’il permet à l’homme de s’adapter à une nouvelle situation et qu’il est identifiable et facile à contenir, mais son installation dans la durée fait de lui un ennemi parfois redoutable en entreprise qui, à terme épuise les salariés. Les séances que j’anime participent à l’évolution des individus, et à travers eux font évoluer les organisations ; un apprentissage de la détente, une pause de récupération apporte à  tous plus de calme.  Ce mieux vivre en entreprise,  permet un développement plus harmonieux de chacun. La sophrologie prévient des risques psychosociaux, renforce la résistance face aux situations difficiles, favorise la motivation et l’esprit d’équipe.

Bien se connaître et accepter les autres, voilà une stratégie comportementale optimale !

La sophrologie que je propose en entreprise engendre un nouveau style de rapport à l’individu,  style de travail, de rencontre interpersonnel et style de management.

Vous avez créé votre propre entreprise ? Quels sont les écueils au travers desquels il faut passer pour mener ce type de projet ?

S’il faut parler d’une difficulté, alors je dirais que le futur sophrologue doit aussi avoir de réelles aptitudes commerciales, ce qui n’est pas forcément compatible. Les particuliers comme les entreprises sont aujourd’hui face à leurs difficultés financières et autres. Ce métier reste malgré tout assez peu connu et la sophrologie n’est pas « prioritaire » il faut alors savoir convaincre ! Cela prend du temps, il faut le prévoir dans sa trésorerie.

Quels conseils donneriez-vous à un sophrologue fraîchement diplômé qui souhaite se lancer ?

Il faut sans aucun doute faire preuve de persévérance, de motivation, de courage pour aller de l’avant et déployer des trésors de créativité et de « culot » pour taper aux portes sans complexe ni censure. Mais c’est possible, c’est même enthousiasment, il faut y croire car les bénéfices pour les patients et les salariés vont au-delà des espérances attendues.
Être le plus honnête possible avec soi-même ! Se faire confiance, personne d’autre que vous ne sait mieux ce qui vous convient. Et surtout prendre du plaisir !

Comment organisez-vous vos séances de sophrologie ?

En début de séance, lors d’un accompagnement individuel, la séance débute par un moment de partage que l’on appelle « l’alliance sophronique » et qui permet à la personne de verbaliser ses émotions, ses problèmes, ses ressentis et au thérapeute d’axer la séance.
La séance se compose d’exercices statiques et dynamiques visant à obtenir un état de relaxation optimal pour permettre au travail sophrologique de se faire. La séance se termine par un retour tonique et en douceur, ponctué d’un dialogue.
En entreprise les séances se déroulent en groupe. J’explique assez brièvement aux salariés ce qui m’amène dans leur cadre de travail, car le temps est beaucoup plus compté qu’en individuel. Un ressenti vaut mieux qu’un long discours…
En fin de séance chacun dispose de quelques minutes pour verbaliser le vécu de sa séance, et je dirai, que le reste appartient à chacun. Chaque personne a son propre thérapeute en son âme, nous les sophrologues, ne sommes que des « accompagnants ».

Si vous deviez donner une définition personnelle de la sophrologie, quelle serait-elle ?

Un moment de partage, de repos profond, loin de tout jugement. Faire le vide, se débarrasser des idées périmées, préconçues, mettre le mental sur OFF et de cette vacuité, atteindre Sa propre vérité. J’aime beaucoup le terme de « réactualisation », une nouvelle image de soi, faire émerger le positif, ne plus être réduit à une maladie, une douleur qu’elle soit personnel ou professionnelle, cesser de focaliser, se voir dans sa globalité et découvrir ses richesses, ses ressources pour avancer. La sophrologie est une pratique pleine de douceur, de bienveillance qui permet à l’humain de se reconnecter avec sa présence. Je m’arrête là, car vous me demandez une définition, mais je pourrais vous parler de sophrologie pendant des heures tant les expériences sont diverses et intéressantes.

Comment voyez-vous votre avenir de sophrologue ?

Les résultats sont tels, auprès des particuliers, des élèves (car j’interviens dans une école internationale), auprès des salariés du public et du privé, l’idéal serait que cette pratique devienne une philosophie de vie française dans les entreprises, les collectivités, les écoles, les familles etc… Un esprit plus calme, plus joyeux, plus confiant pour tous les citoyens. Si mon évolution perdure je pense trouver des partenaires, des mécènes qui œuvreraient en ce sens et ensemble nous pourrions créer un institut visant à recevoir dirigeants, chefs d’entreprises, acteurs de l’éducation nationale, membres du gouvernement, bref une clientèle de décideurs afin de participer au rayonnement de la sophrologie et redonner sa place à l’humain.

Viser la Lune, et alors ?!

Le site de Véronique Planchard.

Photo : Christian Couly.

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