May 28, 2017

Parfois, avant même de tomber enceinte, Monsieur est aux petits soins, Madame surveille son alimentation, arrête de fumer, absorbe des vitamines B9 et prend soin d’elle. Quand le test tourne au positif, c’est tout un arsenal de sage femme, d’infirmière, de gynécologue et de médecin qui débarque !

Tout le monde compatit en écoutant les plaintes concernant le poids, la fatigue, les humeurs et les hormones en folie ! Haptonomie, Yoga, sophrologie, naturopathie et préparation à l’accouchement deviennent les maîtres mots de ces neufs mois si particuliers. Et c’est en véritable héroïne du centre du monde que madame mène à terme sa grossesse et met au monde le plus merveilleux des petits êtres.

Puis, plus rien. Plus rien.

La femme, pardon la maman, ne trouve plus d’écho aux quelques lamentations qu’elle ose formuler car, élevée dans le dangereux mythe de la « bonne mère », elle se doit d’être sur tous les fronts. Le quotidien peut alors se résumer à donner le biberon ou la tétée, changer la couche, rechanger la couche, mettre au bain, habiller, faire les lessives puis c’est l’heure de la sieste, pour bébé bien entendu : maman va en « profiter » pour faire le repas, ranger, prendre une douche, ouvrir un bouquin pour le refermer aussi vite car bébé se réveille ! Et la journée continue, entre pleurs et surtout angoisse de ne pas les comprendre.

Quand Maman ose dire qu’elle est fatiguée, elle s’entend répondre « mais pourquoi ? Tu ne travailles pas ! ». Ou encore « Tu as tout pour être heureuse » ou « comment faisaient nos mères avant ? » . Trop polie pour rétorquer qu’elle n’en sait rien et que franchement, là tout de suite, elle s’en fiche, maman se tait. L’engrenage de l’épuisement maternel peut alors insidieusement s’installer : silence, solitude, isolement, incompréhension peuvent se mêler à ce sentiment grandissant de ne pas gérer, d’être débordée et surtout de ne supporter plus rien ni personne.

Alors que le Burn out professionnel fait la une de tous les magazines de santé (et heureusement !), l’épuisement des mamans reste un tabou qu’il est nécessaire de briser car il peut mener à la dépersonnalisation du lien mère-enfant. Contrairement à ce que la société véhicule, devenir une mère épanouie n’est pas toujours inné, cela peut se découvrir : en individuel mais aussi (et surtout) en groupe, la sophrologie peut aider et soutenir les mamans épuisées !

Amis sophrologues, osez les proposer ! Osez donner la chance aux mamans de trouver un lieu chaleureux où elles peuvent livrer leurs doutes, leurs peurs et leurs angoisses. Soutenez-les dans leurs fatigues physique et émotionnelle. Permettez-leur de crier qu’elles sont débordées et qu’elles ont le sentiment de perdre pied et d’être incapables ! Et surtout, surtout, prouvez-leur le contraire ! Maman va pouvoir récupérer de l’énergie, se détendre, apprendre à gérer ses émotions, retrouver confiance en elle et découvrir de nouvelles ressources. La pratique de la sophrologie ne nourrit pas le mythe de la bonne mère : elle permet de découvrir et de devenir la mère que l’on souhaite être !

Partager avec vous réflexions, évolutions et protocoles serait un véritable plaisir, mais certainement trop long tellement le sujet me tient à cœur, alors voici quelques pistes :

  • Déculpabiliser les mamans et relativiser : elles ne sont ni seules, ni folles, ni dépressives, cette période délicate porte le nom d’épuisement maternel et ne touche heureusement pas toutes les mères, mais beaucoup !
  • Créer un climat de confiance et encourager les confidences : confier que l’on se sent dépassée par le rôle de mère est extrêmement difficile, or c’est la toute première chose à faire. La bienveillance, l’écoute active et le non jugement sont alors indispensables.
  • Expliquer ce qu’est le Burn out maternel : il ne s’agit pas du baby blues mais bien d’un réel épuisement qui survient d’ailleurs souvent après les 6 mois de bébé. Bien que certaines situations de vie augmentent le « risque » de burn out, Il peut concerner toutes les mamans quelque soit l’âge, le fait qu’elle soit mariée ou seule, qu’il y ait une fratrie ou un enfant unique, qu’elle travaille ou reste au foyer etc …
  • Les mamans ont besoin de récupérer de l’énergie physique avant de pouvoir se reconnecter avec leurs ressources positives. De la détente, de la relaxation et encore de la détente sont souvent réclamées au début. La respiration est évidemment la porte d’entrée principale et avec elle la gestion des émotions inconfortables.
  • Ensuite, il est intéressant de commencer par proposer des sophromnésies pour reconnecter avec toutes les ressources et les capacités (de confiance, de force, de gestion, d’organisation, de joie de vivre, de motivation, de lâcher prise) que les mamans avaient … avant …
  • Enfin, les futurisations dans lesquelles elles se sentent heureuses avec leur bébé sont particulièrement appréciées … mais aussi celles dans lesquelles elles se vivent femmes épanouies et pleines de projets personnels !

En résumé, un groupe de sophrologie à l’usage des mamans fatiguées c’est :

  • Prendre du temps pour soi, pour se reposer et retrouver son énergie
  • Partager avec d’autres mamans leurs peurs et leurs doutes
  • Reconnecter avec ses ressources de confiance, de joie et de motivation
  • Reprendre goût à ses projets, ses envies et sa vie de femme
  • Mieux gérer ses émotions, ses angoisses et son stress
  • Apprendre à gérer ce nouveau quotidien sans s’oublier
  • Prendre plaisir à être avec son enfant et valoriser le statut de mère
  • Découvrir et devenir la maman que l’on souhaite être !

Accompagner une maman avec la sophrologie est toujours une expérience riche en douceur, en partage et en écoute. Soutenir une maman qui vit un épuisement est une aventure parsemée de bienveillance, de respect et d’émotions les plus magnifiques…

Pour aller un peu plus loin :

  • « Mère épuisée », témoignage poignant de Stéphanie Allenou.
  • « La fatigue physique et émotionnelle des mères », explications de la psychologue Violaine Guériltaut.
  • « Mauvaises mères », récits aussi drôles que vrais de trois mamans qui osent être imparfaites.
  • www.maman-blues.fr, une mine d’information.

Crédit photo : Cristiana Gasparotto via Compfight cc

 

Auteur : Laura JAUVERT, Sophrologue.

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