La sophrologie aux Etats-Unis, interview de Véronique Benchimol

Mise au point par un natif de Colombie, essentiellement créée et développée en Europe, on pourrait alors penser que la sophrologie ait traversé depuis sa création  toutes les frontières.

Or, force est de constater qu’ aujourd’hui, sa présence dans les pays anglo saxons notamment  est encore fort discrète.

Qu’en est-il justement de la situation outre Atlantique ?

Pour nous répondre :  Véronique Benchimol, sophrologue d’origine alsacienne, installée désormais à San Diego, en Californie à quasiment 9500 km de sa ville natale.


 

San Diego et Sophrologie

Véronique, pourriez-vous préciser pour nos lecteurs votre parcours professionnel avant votre arrivée en Californie en 2008 ?

J’ai personnellement découvert la sophrologie à la fin des années 90 et je me suis formée par la suite dans une école Caycédienne française avant de terminer mon master en Andorre en 2004.

J’ai animé à l’issue de ma formation des séances individuelles et de groupe sur la gestion du stress et des émotions, ainsi que de la préparation à l’accouchement, à la fois dans  une clinique en Alsace et dans un cadre privé.

Pour moi, ce type de structure était le meilleur moyen pour que la sophrologie soit connue et reconnue de tous.

Et par la suite, j’ai décidé de rejoindre mon mari ici à San Diego.

 

Vous avez ouvert votre cabinet en 2013.

Pourriez- vous nous dresser un état des lieux de la sophrologie sur le sol américain ?

La sophrologie n’est pas vraiment représentée aux Etats-Unis. Nous devons, d’après moi, n’être qu’une ou deux dizaines.

Depuis mon arrivée, j’ai développé des contacts avec une sophrologue qui travaille dans l’Arizona, et une autre à Montréal au Canada.

 

Comment avez-vous implanté et développé votre cabinet pour des Américains qui n’avaient encore jamais entendu parler de la méthode ?

Ça a été pour moi comme un renouveau, tant sur le plan de la langue que sur le plan de la culture.

Ici, la technique du mindfullness connait un réel essor. Il a fallu bien communiquer la méthode auprès d’un public américain qui a besoin de s’identifier à l’histoire qu’on lui raconte. Cela nécessitait donc d’être précise sur l’intérêt de cette méthode. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de travailler avec un business coach pour pouvoir adapter mon discours et répondre aux impératifs du « less is more », soit en français : « moins il y en a, mieux c’est ». Tout en restant  fidèle à la méthode, j’ai simplifié le jargon dans le but de rendre la sophrologie accessible au public américain. L’anglais américain est le langage du monde des affaires, il faut donc être capable en  seulement 3 phrases d’expliquer ce qu’est la sophrologie. Bien que les gens ici aient les mêmes problèmes que les Européens, leur culture et leur approche est différente et par conséquent, la manière de communiquer doit être différente.

 

 

Quelles sont justement les demandes que vous traitez le plus souvent ? Et quel type de séances donnez vous ?  Et en quelle langue ?

Le stress reste la grande thématique pour un public essentiellement féminin pouvant aller de 25 à 60 ans. J’accompagne également quelques adolescents. .

Je donne ici des séances privées pour aider les gens à se libérer de leur anxiété, de leurs tensions, gérer leur sommeil.

Je travaille à 90 % en anglais. Il m’arrive encore de démarrer des séances en français pour les francophones mais ils me demandent souvent en cours de séance de revenir à la langue de Shakespeare. Les Américains trouvent l’accent français plutôt charmant.

Et comment voyez-vous, Véronique, l’avenir de la sophrologie aux Etats-Unis ?  Et pour votre propre cabinet ?

La sophrologie y a sa place à condition de trouver les meilleurs canaux de communication possibles pour l’établir aux côtés de toutes les techniques de développement personnel qui existent déjà. La sophrologie a ce caractère unique de rendre les gens autonomes et responsables. Une fois popularisée, nul doute qu’elle se développera rapidement.

Pour ma part, j’envisage de créer un réseau professionnel, une « sophrology connection »*, permettant ainsi d’échanger et d’organiser des séminaires et des présentations pour contribuer à l’essor de la discipline.

* réseau de sophrologie


Véronique Benchimol Sophrologie ActualitésTous nos remerciements à Véronique Benchimol pour le temps consacré à cette interview depuis San Diego

Découvrez le site internet du cabinet V. Benchimol, San Diego, Californie, en cliquant ici

2015-01-12T09:40:09+00:00 12/01/2015|Métier|