Recherche d’emploi et sophrologie

  • sophrologie et emploi

Le mot « travail » nous vient du latin « tripalium », qui désigne un instrument de torture ; en ancien français, le mot renvoie à la notion de tourment ou de souffrance.

Les sophrologues sont bien placés pour constater les méfaits provoqués par certaines situations professionnelles, à commencer par le stress par exemple (*).

Si nous parlons de souffrance au travail, cela signifierait, a contrario, que l’absence de travail (autrement dit le chômage) serait une situation « rêvée », idéale et confortable ?

La question se veut provocatrice, mais vient naturellement en écho aux propos régulièrement tenus au sujet des demandeurs d’emploi et du chômage : des « assistés », « le chômage est une situation de confort », « du travail, il y en a » etc.

Des repères qui volent en éclats

Le cadre est posé : l’absence d’activité professionnelle, surtout si elle est durable, est bien à l’origine de souffrances, aussi bien endogènes, qu’exogènes (les pressions de la société, pour ne citer qu’elles).

Une étude de l’Université de Sherbrooke (Canada) menée en 2008 sur 100 demandeurs d’emploi de longue durée (> 12 mois), a permis de démontrer que 85 % d’entre eux avaient abandonné tout ou partie de leurs repères quotidiens (démarches professionnelles, repas à heure fixe, relations sociales…), tout en abandonnant leurs capacités d’imagination et de création.

Il s’avère que le Canada, ainsi que certains pays scandinaves sont particulièrement avant-gardistes dans le domaine de l’insertion professionnelle : ils ont développé des méthodes spécifiques à destination des demandeurs d’emploi. Ces méthodes, dont le précurseur a été Dr Jacques LIMOGES, se basent essentiellement sur les facteurs psycho-sociaux de l’individu, en particulier son environnement, son organisation personnelle, sa relation à soi et au monde…

Elles reposent sur un postulat de départ qui démontre que le travail a des effets particuliers sur l’individu, car :

  • il donne des revenus
  • il donne une reconnaissance sociale, un statut
  • il permet de se lier, de faire connaissance
  • il permet de structurer le temps
  • il permet de structurer l’espace
  • il permet d’être valorisé
  • il contribue à donner un sens à la vie.

La perte d’un emploi bouleverse précisément l’ensemble de ces repères : l’individu perd son travail et, par l’effet d’un cycle pernicieux, perd ses repères spatio-temporels, ses relations, sa confiance, son estime de soi, sa motivation (quelquefois, cet individu est même montré du doigt ou stigmatisé, car « ne servant à rien » ou « coûtant cher à la société »…).

Justement, les nouvelles démarches d’insertion professionnelle s’attachent essentiellement à ces repères individuels, davantage qu’aux « classiques » techniques de recherche d’emploi (valider un projet professionnel, cibler une offre, rédiger un CV ou une lettre, se préparer à un entretien…). En France, par exemple, nous constatons trop souvent que l’insertion professionnelle se limite aux outils et aux méthodes, alors qu’il conviendrait de prendre en compte les facteurs personnels…

Concrètement, il s’agit de stimuler les facteurs internes (la créativité, le développement de potentiels, la confiance, l’estime de soi, la capacité à apprendre, la capacité à vivre ses journées…) avant de se focaliser sur les facteurs externes (l’outil, la technique).

Des initiatives intéressantes existent désormais au sein de certaines structures, en région parisienne ou en Alsace. Ainsi, à Strasbourg, l’association « Retravailler 67 » a intégré des séances de sophrologie dans certains cursus de formation ou d’accompagnement (auprès de femmes seules, de personnes handicapées et de demandeurs d’emploi de longue durée…).

L’apport de la sophrologie dans le domaine de l’insertion professionnelle permet précisément au demandeur d’emploi de poser un nouveau regard sur soi et sur son environnement, de rétablir certains repères spatio-temporels et de s’ancrer dans des constructions positives et valorisantes (exemples : se projeter dans un rythme journalier voire un objectif précis, reconquérir des événements positifs, renouer avec ses ressources personnelles, rétablir des capacités d’imagination et de futurisation), tout en lissant les empreintes négatives passées ou présentes. A l’issue des séances, les personnes témoignent régulièrement des bienfaits psycho-physiques et parlent souvent d’une forme de « libération » ou de vision positive.

Les applications de la sophrologie dans le domaine de la recherche d’emploi constituent un préalable indispensable à l’accompagnement professionnel.

Les protocoles utilisés sont essentiellement orientés autour de la Relaxation Dynamique, du déplacement du négatif, du renforcement du positif et de la visualisation active (techniques de futurisation).

Pour le demandeur d’emploi qui vit ces séances, c’est à la fois lui offrir l’occasion de ne plus se couper du monde et surtout de préparer sa (nouvelle) relation au monde, par une nouvelle lecture de soi-même et de son environnement.

[blockquote]Là où sont tes pensées tu es. Veille à ce que tes pensées soient bien là où tu veux être – Rabbi Nachman de Breslau [/blockquote]

Auteur : Jean-Michel SCHLUPP, Sophrologue.

2017-07-24T15:00:53+00:00 26/04/2013|Travail|