March 28, 2017

Le groupe se compose de cinq à six personnes, et il a pris l’habitude de se réunir une fois par semaine pour assister à des séances de sophrologie animées par Cécile Wiegant, infirmière DE et sophrologue. Leur point commun ? Toutes souffrent de schizophrénie et sont hospitalisées dans un Etablissement de Santé Mentale, dans la banlieue parisienne. «Derrière la maladie, il y a une personne qui mérite d’être révélée au-travers de ses capacités, de ses valeurs», fait-elle observer.

Cette première expérience au sein de la clinique a eu lieu ce printemps. Elle a duré dix semaines d’affilée, en concertation avec l’équipe de soignants et le médecin. «Il s’agit d’un bon rythme : les patients souffrant de schizophrénie ont besoin de repères, d’ancrage dans la réalité. Il est important que le travail soit inscrit dans le temps, avec un début et une fin», explique-t-elle. Prise de conscience du schéma corporel, détente, acquisition d’outils en cas de stress ou de crise d’angoisse, travail sur l’attention, la mémorisation, la concentration : tels sont les principaux objectifs poursuivis. «La schizophrénie se traduit par un déficit au niveau des fonctions cognitives», rappelle Cécile Wiegant.

La jeune femme a conçu le protocole, qu’elle adapte ensuite aux demandes du groupe. Il démarre invariablement par une combinaison de techniques respiratoires, un «pré-requis qui permet de mettre le corps en mouvement», dit-elle. Suivent différents exercices alternant des phases de relaxation, de mise en mouvement, de tension puis de relâchement du corps… Et ça fonctionne. «Quand je me concentre, je n’entends plus mes voix. J’arrive à les mettre à distance, à ne plus en être obsédé, elles ne m’encombrent plus», lui a confié un patient. «Je me sens en équilibre, je sens une unité entre mon corps et mon esprit», lui a glissé un autre. Un joli retour pour Cécile Wiegant et pour la clinique, qui projette de renouveler les ateliers l’année prochaine.

Anne Autret

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